Pourquoi le service médiation de l’Afnic séduit pour résoudre un litige de nom de domaine en .FR ?

Le service de médiation de l’Afnic s’impose aujourd’hui comme un nouvel outil pour résoudre les litiges liés aux noms de domaine en .fr, comme le confirme le dernier rapport publié par Afnic couvrant les années 2024 et 2025.

Le service de médiation de l’Afnic : un préalable stratégique aux litiges

Proposé par l’Afnic, le service de médiation constitue un mode amiable, gratuit et rapide de résolution des conflits. Il permet à un ayant droit et à un titulaire de nom de domaine d’engager un dialogue encadré, sans passer immédiatement par une procédure contentieuse accessible via ce lien.

La médiation repose sur des principes fondamentaux : neutralité, impartialité, indépendance et confidentialité. La médiatrice n’impose aucune décision. Elle facilite uniquement la recherche d’un accord.

Une hausse significative des demandes de médiation auprès de l’Afnic

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2025, l’Afnic a reçu 168 demandes de médiation, contre 123 en 2024. Cela représente une hausse de +36,6 %.

Cette progression traduit une meilleure connaissance du dispositif. Elle confirme également son attractivité pour les titulaires de droits confrontés à des litiges sur des noms de domaine en .fr.

Autre indicateur clé : 63 % des médiations ouvertes aboutissent à un accord en 2025, contre 58 % en 2024. Le taux de réussite progresse donc de 5 points. Le dispositif gagne en maturité et en efficacité.

Les 4 principales causes de saisine en médiation

L’analyse des dossiers révèle quatre grandes typologies de litiges :

1. Perte d’un nom de domaine suite à un non-renouvellement

Il s’agit d’un cas fréquent. Un titulaire exploite un nom de domaine pendant plusieurs années. Il oublie de le renouveler. Un tiers le réenregistre immédiatement.

Ce type de situation génère des conflits rapides, notamment lorsque le nom dispose d’un historique SEO ou d’une notoriété.

2. Nom de domaine détenu par un prestataire défaillant

Autre cas classique. Un prestataire web enregistre le nom de domaine au lieu de son client. Puis il devient injoignable ou cesse son activité.

Le client se retrouve alors privé de son actif numérique stratégique.

3. Enregistrement abusif (cybersquatting)

Ce cas concerne directement les atteintes aux droits :

  • marques
  • dénominations sociales
  • noms de collectivités
  • indications géographiques

Le cybersquatting reste une cause majeure de recours à la médiation Afnic.

4. Récupération stratégique d’un nom de domaine

Certaines demandes relèvent d’une logique purement opportuniste. L’objectif consiste à acquérir un nom de domaine déjà enregistré afin de renforcer une présence en ligne.

La médiation devient alors un outil de négociation.

Profil des parties : entreprises et domaineurs en première ligne

Le rapport met en lumière des tendances intéressantes :

  • 58 % des demandeurs sont des personnes morales (entreprises, institutions)
  • 33 % des titulaires sont des investisseurs en noms de domaine (domaineurs)

Ces chiffres confirment que les enjeux sont avant tout économiques et stratégiques.

Des accords rapides… et souvent gratuits

Autre enseignement majeur : 75 % des accords sont conclus sans contrepartie financière.

Lorsque des transactions interviennent, les montants restent modérés :

  • 2024 : entre 250 € et 1 000 €
  • 2025 : entre 100 € et 1 600 €

La médiation permet donc d’éviter des surenchères souvent observées dans les négociations directes.

Et après la médiation ? SYRELI et PARL EXPERT

Lorsque la médiation échoue, d’autres recours existent. Sur la période 2024-2025, 20,58 % des médiations non abouties ont donné lieu à une procédure SYRELI.

Il existe plusieurs procédures extrajudiciaires en .FR, avec notamment :

  • SYRELI : procédure rapide, principalement documentaire
  • PARL EXPERT : procédure plus approfondie, proche d’un arbitrage

Dans ce contexte, il est fortement recommandé de se faire accompagner par des professionnels.

L’intervention d’un conseil en propriété intellectuelle ou d’un avocat permet de sécuriser la stratégie et d’optimiser les chances de succès.

Pour les titulaires de droits, la médiation ne remplace pas les procédures juridiques. Elle les complète. Et surtout, elle permet parfois de les éviter.