Reveal Day ICANN 2026 : les demandes de nouvelles extensions dévoilées

Le Reveal Day ICANN du round 2026 marque une nouvelle étape majeure dans l’histoire des noms de domaine. Le 7 octobre 2026, l’ICANN a publié les candidatures déposées dans le cadre du nouveau programme gTLD 2026. Les entreprises, marques, organisations, collectivités et communautés peuvent désormais découvrir les extensions demandées et les premières situations de concurrence.

Reveal Day ICANN 2026 : 1 615 candidatures dévoilées

La période de candidature s’est déroulée du 30 avril au 12 août 2026. Au total, l’ICANN recense 1 615 candidatures dans son bilan du Reveal Day. Ce chiffre mérite une précision.

Parmi ces candidatures, l’ICANN identifie notamment :

  • 333 candidatures de marques ;
  • 16 candidatures communautaires ;
  • 15 candidatures de noms géographiques auto-identifiées ;
  • 51 candidatures déposées dans le cadre du programme Applicant Support ;
  • 21 candidatures pour des noms de domaine internationalisés (IDN) ;

Ces catégories ne sont pas nécessairement exclusives. Une même candidature peut donc relever de plusieurs catégories.

Le chiffre de 333 BrandTLDs est particulièrement significatif. Il représente plus d’une candidature sur cinq. Le modèle du dotBrand ne constitue donc plus une curiosité du round 2012. Il devient une véritable stratégie de présence numérique pour de nombreux groupes internationaux.

Une répartition géographique très concentrée

La répartition géographique des candidatures apporte un autre enseignement.

L’Amérique du Nord arrive largement en tête avec 864 candidatures. L’Europe suit avec 506 candidatures. L’Asie, l’Australie et le Pacifique totalisent 218 candidatures.

L’Afrique compte 16 candidatures. L’Amérique latine et les Caraïbes en comptent 11.

RégionNombre de candidatures
Amérique du Nord864
Europe506
Asie / Australie / Pacifique218
Afrique16
Amérique latine / Caraïbes11

Cette répartition montre le poids économique des acteurs nord-américains. Elle confirme aussi la place importante de l’Europe dans le nouveau programme gTLD.

Les candidatures françaises à suivre

Le round 2026 réserve tout de même une place aux entreprises et organisations françaises.

Plusieurs candidatures correspondent directement à des marques ou à des acteurs français connus. On retrouve notamment les .AIRLIQUIDE, .ATOS, .AVOCAT, .BPCE, .CNP, .CNPASSURANCES, .CONEX, .LEDGER, .MBDA, .MICHELIN, ou.SODEXO.

Le round fait également apparaître .AIAGENT et .SOCIALMEDIA porté par THE BEST.

Pour les titulaires de marques françaises, le Reveal Day constitue donc le véritable point de départ de la veille juridique. Une marque peut désormais être confrontée à une nouvelle extension identique, proche ou susceptible de créer une association.

Les nTLDs les plus convoités du round 2026

Le Reveal Day permet aussi de mesurer les extensions les plus convoitées. Certaines chaînes font l’objet de nombreuses candidatures concurrentes. Elles devront donc être départagées avant de pouvoir éventuellement rejoindre la racine DNS.

La chaîne .AGENT arrive nettement en tête. Elle fait l’objet de 13 candidatures, ce qui en fait la chaîne la plus disputée du round 2026. Le succès de ce terme illustre directement l’intérêt suscité par les agents d’intelligence artificielle.

Derrière .AGENT, plusieurs chaînes génériques et technologiques suscitent également une forte concurrence :

RangExtensionNombre de candidatures
1.AGENT13
2.BIT11
3.API10
4.BRAND10
5.HUB10
6.POP9
7.ROBOT9
8.MAX8
9.OFFICIAL8
10.POD8

Ce classement montre la diversité des stratégies. Les chaînes liées à la technologie côtoient des termes très génériques ou à forte valeur marketing.

.AGENT constitue toutefois le cas le plus emblématique. L’intelligence artificielle apparaît également dans plusieurs autres candidatures très disputées, notamment .AGI, qui compte 7 candidatures. La chaîne .ASI en compte également 6 selon les données publiées après le Reveal Day.

Cette concentration autour de termes liés à l’intelligence artificielle constitue l’un des enseignements du round 2026. Elle reflète l’évolution rapide des usages numériques depuis le round 2012.

Des situations de concurrence qui devront être résolues

Le fait qu’une même chaîne soit demandée par plusieurs candidats crée une situation de concurrence. Une seule candidature pourra finalement obtenir la chaîne.

Au lendemain du Reveal Day, 263 chaînes font l’objet de plusieurs candidatures selon les données d’analyse du round. Elles représentent donc un enjeu particulier pour les candidats concernés.

La situation de .AGENT est particulièrement intéressante. Treize candidats souhaitent exploiter exactement la même chaîne. Il ne s’agit donc plus seulement d’un choix stratégique de nommage. La capacité à obtenir l’extension dépendra également de l’issue de la procédure de résolution de concurrence.

Ces situations constituent aussi un indicateur intéressant pour les titulaires de marques. Une chaîne très disputée peut devenir un espace numérique important si elle est finalement déléguée. Elle mérite donc une veille particulière, notamment lorsque le terme correspond à une marque, à un secteur d’activité ou à un signe exploité par l’entreprise.

Il faut enfin rappeler que candidature ne signifie pas future extension. Une chaîne peut être retirée, échouer à une étape de l’évaluation ou rester bloquée par une situation de concurrence. Le classement du Reveal Day constitue donc une photographie du marché à un instant donné.

Le String Confirmation Day du 17 novembre 2026 permettra d’obtenir une liste définitive des chaînes demandées et une liste actualisée des situations de concurrence.

Des candidatures géographiques plus limitées

Le Reveal Day fait également apparaître plusieurs candidatures géographiques. Leur nombre reste toutefois limité par rapport à l’ampleur du round 2012.

L’ICANN recense 15 candidatures de noms géographiques auto-identifiées. Cette catégorie doit cependant être interprétée avec prudence, car les catégories utilisées par l’ICANN ne sont pas exclusives. Une même candidature peut donc relever de plusieurs catégories.

Parmi les chaînes géographiques les plus remarquées figurent notamment .BALI, .BEIJING, .BREMEN, .BUDAPEST, .CAMPANIA, .LINZ, .LUGANO, .MONTECARLO, .ROMA, .SALZBURG, .ULM, .VIENNA, .QUÉBEC et .YUEYANG.

Ces candidatures illustrent néanmoins la persistance d’un intérêt pour les extensions territoriales. Elles peuvent répondre à des objectifs de promotion, d’identification géographique ou de développement d’un écosystème numérique local.

Le phénomène reste cependant beaucoup plus mesuré que celui observé lors du round 2012. Il convient donc davantage de parler d’une présence toujours réelle des geoTLDs que d’un retour en force.

La candidature .QUÉBEC, sous sa forme IDN, est également intéressante à suivre. Elle rappelle que le nouveau programme conserve une dimension internationale et multilingue.

Google et Meta demandent de nombreux nTLDs

Le Reveal Day confirme aussi le retour en force des grands acteurs technologiques.

Charleston Road Registry, l’entité utilisée par Google pour ses activités de registre, apparaît parmi les candidats les plus actifs. La société totalise 39 candidatures dans le round 2026.

Google avait déjà joué un rôle majeur lors du round 2012. L’entreprise avait alors déposé environ une centaine de candidatures. En 2026, sa stratégie paraît plus ciblée, avec de nombreuses chaînes directement liées à son écosystème.

La liste comprend notamment le .GEMINI.

Meta adopte une stratégie différente. Meta Registry Holdings LLC présente plusieurs candidatures directement liées à son portefeuille de marques et à ses services.

On retrouve notamment .FACEBOOK, .INSTAGRAM, .META, .METAAI, .METAVERSE, .MESSENGER, .THREADS, .WHATSAPP, .REELS et .LLAMA.

Le contraste avec 2012 est intéressant. Meta n’était pas présent comme candidat lors du premier round. En 2026, le groupe affiche au contraire une stratégie particulièrement visible autour de ses marques, de ses plateformes et de l’intelligence artificielle.

Des BrandTLDs pour les marques les plus connues

Le round 2026 confirme une nouvelle vague de BrandTLDs.

Parmi les candidatures remarquées figurent notamment les .ADIDAS, .ALLIANZ, .ATOS, .CANVA, .CLAUDE, .CONVERSE, .COPILOT, .EBAY, .EXPEDIA, .FACEBOOK, .GEMINI, .INDEED, .INSTAGRAM, .KAWASAKI, .NOVARTIS, .RALPHLAUREN, .SALESFORCE, .SECURITAS, .TIKTOK, .TUMBLR et .ZOOM.

La présence de nombreuses marques technologiques est particulièrement visible. L’intelligence artificielle occupe notamment une place importante avec des candidatures comme .CLAUDE, .COPILOT et .GEMINI.

Le phénomène est juridiquement intéressant. Un BrandTLD ne fonctionne pas comme une extension ouverte classique. Son titulaire peut contrôler les règles d’utilisation de l’espace situé à droite du point.

L’objectif peut être marketing. Il peut aussi être défensif. Une entreprise peut ainsi renforcer la cohérence entre son portefeuille de marques, ses actifs numériques et son infrastructure DNS.

.TRUMP, .TAYLORSWIFT et .YEAH : les candidatures qui font parler

Certaines candidatures attirent naturellement davantage l’attention.

Donald Trump a déposé .TRUMP par l’intermédiaire de DTTM TLD, LLC. Il s’agit d’un BrandTLD destiné à rester sous le contrôle du groupe.

Autre candidature très médiatique : .TAYLORSWIFT, déposée par TAS Rights Management. La chaîne apparaît comme une candidature de marque dans les données du Reveal Day.

Enfin, Booking.com demande .YEAH.

La candidature possède une dimension presque ironique. Depuis plusieurs années, Booking.com utilise le slogan « Booking.yeah » dans ses campagnes publicitaires. Or, jusqu’ici, .YEAH n’existait pas comme extension de premier niveau.

La situation pourrait donc changer avec le round 2026. Le slogan publicitaire pourrait ainsi devenir, à terme, une véritable infrastructure de nommage.

1 615 candidatures, mais combien de véritables extensions ?

Le nombre de candidatures ne correspond pas nécessairement au nombre final de nouvelles extensions.

Plusieurs candidats peuvent demander la même chaîne. Une même extension peut donc faire l’objet de candidatures concurrentes.

Cette situation est particulièrement importante pour les chaînes génériques présentant une forte valeur commerciale. Elle peut conduire à une phase de résolution de concurrence et, selon les cas, à des procédures spécifiques prévues par le programme ICANN.

Le Reveal Day permet donc surtout de connaître qui demande quoi. Il ne permet pas encore de savoir quelles extensions verront effectivement le jour.

Pour les entreprises, cette distinction est essentielle. Une chaîne peut présenter un risque ou une opportunité dès maintenant, même si son lancement reste incertain.

Et maintenant ? Les prochaines étapes du round 2026

Le Reveal Day ne constitue pas la fin du processus. Au contraire, une phase particulièrement importante commence.

Du 8 au 21 octobre 2026, les candidats disposant d’une chaîne de remplacement peuvent encore choisir cette alternative, sous réserve de son éligibilité.

Le String Confirmation Day interviendra ensuite le 17 novembre 2026. L’ICANN publiera alors la liste définitive des chaînes demandées et une version actualisée des situations de concurrence.

Cette date marque également le début de la période consacrée aux commentaires et aux objections. Elle se poursuivra jusqu’au 16 mars 2027.

Les titulaires de droits doivent donc utiliser cette période pour analyser les chaînes qui peuvent porter atteinte à leurs intérêts. Les commentaires, les alertes précoces du GAC et les procédures d’objection peuvent devenir des outils importants selon les situations.

Enfin, l’ICANN prévoit un Prioritization Draw au premier semestre 2027. La date exacte reste à déterminer.

L’évaluation des chaînes doit ensuite permettre de poursuivre le traitement des candidatures et des éventuelles situations de concurrence.

Ce que le Reveal Day change pour les titulaires de marques

Le Reveal Day ICANN 2026 transforme une liste de projets en véritable sujet de veille noms de domaine et propriété intellectuelle.

Les titulaires de marques disposent désormais d’une visibilité concrète sur les futures extensions. Ils peuvent identifier les candidatures identiques à leurs marques. Ils peuvent aussi repérer les chaînes proches ou susceptibles de créer une association.

Cette analyse est particulièrement importante pour les groupes internationaux. Une candidature peut concerner directement une marque. Elle peut aussi créer un nouvel environnement dans lequel des tiers pourront enregistrer des noms de domaine.

La période qui s’ouvre est donc stratégique. Une surveillance régulière des candidatures permet de préparer les éventuelles actions avant les prochaines échéances ICANN.

Conclusion : le nouveau paysage des extensions commence à se dessiner

Le Reveal Day ICANN 2026 permet enfin de mesurer l’ampleur du nouveau round.

Avec 1 615 candidatures, 333 BrandTLDs, des candidatures françaises remarquées et plusieurs projets géographiques, le paysage des extensions va progressivement évoluer.

Le poids des marques constitue l’un des principaux enseignements de cette nouvelle édition. Google, Meta et de nombreux groupes internationaux veulent contrôler leur espace numérique. Dans le même temps, des entreprises françaises comme Air Liquide, Atos, BPCE, CNP Assurances, Ledger, Michelin ou Sodexo participent également à cette nouvelle génération de candidatures.

Pour les titulaires de droits, l’enjeu est désormais très concret. Il faut identifier les chaînes pertinentes, repérer les candidatures concurrentes et surveiller les prochaines étapes du programme.

Le Reveal Day ne marque donc pas la fin du processus. Il constitue le début d’une nouvelle phase de veille, d’analyse et, pour certaines marques, d’action.