Interview du nouveau titulaire du nom de domaine historique lycos.fr

Le nouveau titulaire du nom de domaine lycos.fr s’exprime dans les colonnes du blog de Solidnames après l’acquisition aux enchères de cette adresse iconique du web contre le montant record de 35 300 € le 21 septembre 2026.

La transaction a eu lieu sur la plateforme de noms de domaine en .FR expirés WebExpire (anciennement DomExpire).

Avec une enchère finale de 35 300 €, lycos.fr dépasse plusieurs ventes marquantes du marché français des noms de domaine expirés. Parmi les transactions les plus remarquées figurent notamment :

  • lycos.fr : 35 300 € – septembre 2026
  • mercato.fr : 20 300 € – mai 2020
  • nuitdebout.fr : 16 210 € – juin 2019
  • papa.fr : 16 200 € – juin 2022
  • memo.fr : 14 400 € – mai 2022
  • eurolines.fr : 14 000 € – juin 2021
  • netpublic.fr : 12 300 € – octobre 2020
  • cmu.fr : 11 000 € – mars 2023
  • u-bordeaux3.fr : 9 300 € – novembre 2022

Ces montants illustrent l’intérêt des investisseurs pour les noms de domaine expirés qui combinent notoriété, ancienneté et potentiel de référencement. La vente de lycos.fr franchit ainsi un nouveau palier et confirme l’attrait de certains actifs numériques historiques.

Des métriques SEO particulièrement élevées pour lycos.fr

Au-delà de son nom emblématique, lycos.fr présente des indicateurs de référencement particulièrement élevés, selon les métriques relevées avant ou lors de la vente :

  • Trust Flow (TF) : 44
  • Referring Domains (RD) : 11 269

Le Trust Flow, développé par Majestic, mesure la qualité des liens entrants vers un site. Son score varie de 0 à 100. Un TF de 44 constitue un indicateur notable de la qualité du profil de liens du domaine.

Les Referring Domains désignent les noms de domaine distincts qui comportent au moins un lien vers le site concerné. Avec 11 269 domaines référents, lycos.fr dispose d’un historique de liens particulièrement conséquent.

Ces métriques peuvent représenter un atout pour un projet de référencement naturel. Toutefois, elles ne garantissent ni le maintien des positions dans les moteurs de recherche ni un trafic futur. La qualité réelle des backlinks, leur pertinence et leur historique doivent également faire l’objet d’une analyse.

Lycos : un nom emblématique de l’histoire du Web

Pour toute une génération d’internautes, Lycos évoque les débuts du Web grand public. Lancé en 1994 aux États-Unis, le moteur de recherche s’est rapidement développé à l’international. En France, Lycos a marqué les années 1990 et 2000, à une époque où les moteurs de recherche, les portails et les communautés en ligne occupent une place centrale dans les usages numériques.

La marque reste associée à plusieurs services emblématiques, dont Caramail, les espaces de discussion et les pages personnelles Multimania. Son célèbre chien noir, mascotte du moteur de recherche, a contribué à sa forte reconnaissance auprès des internautes.

Avec la montée en puissance de Google et l’évolution des usages, Lycos a progressivement perdu sa place centrale dans la recherche en ligne. Pourtant, son nom conserve une valeur mémorielle et un potentiel commercial. La remise aux enchères de lycos.fr illustre ainsi la seconde vie possible d’un actif numérique historique.

Qui est le nouveau titulaire du nom de domaine lycos.fr ?

Derrière cette transaction importante, un acteur alsacien, ADN.CONTENTS, s’offre un nom de domaine à la notoriété historique et aux métriques SEO remarquables. Mais pourquoi investir une telle somme dans un nom de domaine expiré ? Quel projet accompagne cette acquisition ? Et quels risques juridiques le nouveau titulaire doit-il anticiper ?

Découvrez l’interview de Benjamin ROMEI, le CEO de ADN.CONTENTS.

Solidnames : Pouvez-vous nous présenter rapidement ADN.CONTENTS et votre activité ?

Benjamin ROMEI : ADN.CONTENTS est un groupe média que j’ai fondé en 2011, basé à Mulhouse. On édite plusieurs sites d’information, dont Begeek.fr et 24matins.fr, avec une approche très produit : on construit nos propres outils.

Solidnames : Aviez-vous déjà acheté des noms de domaine expirés, et pourquoi devenir le nouveau titulaire du nom e domaine lycos.fr ?

Benjamin ROMEI : Oui, j’achète des noms de domaine depuis plus de vingt ans, soit pour les éditer, soit pour les revendre. Essentiellement des noms premium, pas des EMD à plusieurs mots.

Pour lycos.fr, c’était une évidence. Un nom que tout le monde connaît, dormant depuis des années : quand on édite des médias en ligne, une adresse pareille ne se refuse pas. Et puis j’ai grandi avec Lycos, Caramail et Multimania, donc il y a forcément une part d’affectif.

Solidnames : Vous avez remporté l’enchère pour 35 300 € : des hésitations ?

Benjamin ROMEI : Non, on avait fixé une limite à 50 000 € pour ce projet, donc on est restés bien en dessous. On n’est pas nombreux sur le marché français à acheter ce type de domaine pour en faire quelque chose de légitime. En face, la concurrence, c’était surtout des éditeurs situés hors de France, pour monter des sites de casino par exemple. Autant dire qu’on préfère que lycos.fr ait échappé à ça.

Trois services à venir sur lycos.fr

Solidnames : Quel est votre projet pour lycos.fr ?

Benjamin ROMEI : On lance avec trois services. Un portail d’actualité qui agrège les médias français en un seul point d’entrée, organisé et actualisé en permanence. Lycos ID : chacun peut créer sa page perso sur lycos.fr/sonnom, une sorte de carte de visite en ligne sur une adresse mythique. Et un moteur de recherche, disponible dès le lancement. Un annuaire suivra.

Le modèle : Lycos ID gratuit en version de base, du premium pour aller plus loin, et de la publicité côté portail.

Ce qu’on n’avait pas anticipé, c’est la vitesse. Le domaine est à nous depuis hier, on n’a encore rien communiqué, et les inscriptions se comptent déjà en milliers.

Solidnames : Avez-vous des craintes juridiques, notamment une procédure SYRELI ?

Benjamin ROMEI : C’est un sujet qu’on a traité avant de miser, pas après. Le statut de ce nom varie selon les territoires, et notre projet est 100 % français, sur une extension .FR que personne n’exploitait plus. On est entourés de conseils sur ces questions et des démarches sont en cours.